Pour une meilleure prise de conscience « Green Friendly »

Mots-clés : Développement durable, consommateur responsable, RSE

Il va sans dire que les entreprises sont de plus en plus confrontées à leurs responsabilités. Historiquement, ces responsabilités étaient davantage axées sur la rentabilité économique et la transparence juridique afin de soigner l’image de l’entreprise et assoir sa notoriété. Depuis les années 1960, une redéfinition du  » social  » s’est imposée à l’échelle mondiale tout en étant appuyée à travers les ouvrages de H. Bowen, Social Responsabilities of the Businessman (1953) et The Responsible Corporation de G.Goyder (1961). Ces derniers sont considérés par la communauté scientifique parmi les premiers écrits sur ce qu’on appelle désormais la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Entreprise, rentabilité et développement durable

Durant ces dernières décennies, les entreprises se sont vu obligées d’assumer des responsabilités, outre la rentabilité, d’ordre social, éthique et écologique de façon plus évidente, transparente et structurée qu’auparavant en s’inscrivant dans la vogue de l’écologie. En adoptant la notion de développement durable, l’entreprise tend à confirmer son engagement et sa responsabilité envers son environnement. Cette responsabilité, pour être durable, doit respecter trois piliers capitaux : économique, social et environnemental. Autrement dit, le développement durable entrepris par les institutions (Etats, entreprises…) doit être :

  • Economiquement efficace : assurer une rentabilité et prospérité économique des pays à travers des modes de production et de consommation durables ;
  • Socialement équitable : réduire les inégalités sociales dans le monde par une meilleure satisfaction des besoins humains en priorisant l’équité sociale ;
  • Ecologiquement soutenable : Prémunir et valoriser les ressources naturelles sur le long terme, en veillant sur les grands équilibres écologiques, tout en prévenant les impacts environnementaux collatéraux.

Nul doute qu’une entreprise qui souhaiterait intégrer le développement durable dans sa structure, doit opérer un changement radical, stratégique et orienté vert. Avoir un système de production doté de technologie innovante, respectant l’environnement et les chartes internationales écologiques n’est pas suffisant. La mise en place d’une politique de communication digitalisée ciblée et ajustée aux besoins des clients, s’avère aussi nécessaire que stratégique. Ceci passe par le biais d’une communication omni-canal bien étudiée : e-mailing ciblé, présence en ligne avec un contenu attrayant (blog, réseaux sociaux, publicité display…), création de sites  » responsive design « , la tendance Mobile first oblige. Le mode de distribution n’est pas en reste, puisqu’une livraison par drone ou par des moyens plus écologiques, la voiture électrique par exemple, s’avère être plus écologique et plus respectueuse de l’environnement. Ces évolutions et facteurs sont prioritaires et sine qua non afin d’assurer un développement durable tout en gardant et fidélisant les consommateurs et clients de plus en plus sensibles à la question de l’environnement.

Par-dessus bord, le capital humain doit être au centre de cette stratégie afin de pouvoir en être convaincu, l’adopter, s’y adapter et y prendre part activement.

Des consommateurs orientés de plus en plus «  vert « 

Dans ce monde ultra-connecté, le consommateur est devenu un  » consomm’acteur « , un  » web’acteur « . Ce dernier, ayant pris conscience des rebondissements de son acte d’achat ou de consommation sur l’écosystème, n’hésite pas à exposer son désagrément en changeant facilement de marque ou de d’entreprise. Exercice devenu très courant pour certains consommateurs, s’il s’avère que celle-ci est un  » ennemi  » de la nature, surtout avec la rude concurrence qui s’intensifie chaque jour et le comportement du client qui est devenu fébrile et complétement imprédictible.

Le secteur bancaire, en l’occurrence, a tout à gagner en intégrant le développement durable dans leurs stratégies profitant de l’ère de digitalisation qui a révolutionné la relation banque-client en améliorant l’expérience client pour atteindre, idéalement, l’enchantement client. La montée en force des acteurs de la Fintech qui mettent l’innovation technologique au cœur de leurs business-model, combinée aux changements des modes de consommation des clients bancarisés, ont pu faire paraître l’offre bancaire comme étant inadaptée ou peu compétitive. D’autant plus que les services proposés par la Fintech respectent, à forte proportion, les trois piliers du développement durable que ceux proposés par la banque traditionnelle.

«  The dark side «  de la transformation digitale

Néanmoins, un constat dubitatif laisse entrevoir un peu de noirceur dans cette ambition verte. En effet, les nouvelles technologies digitales sont comme les langues d’Esope. Avec l’existence des fermes de serveurs grandes comme une ville, la fabrication de Smartphones, tablettes ou ordinateurs, l’envoi quotidien des centaines d’emails[1], internet et les nouvelles innovations technologiques sont véritablement un grand consommateur d’énergie et une source insatiable de pollution.

Face à ce dilemme ; utiliser le digital qui nous permet d’une certaine manière de contribuer à la préservation des ressources naturelles, mais en même temps, en consomme beaucoup, chacun fait comme il peut. Les géants du secteur ont eu une certaine longueur d’avance comme d’habitude.  Facebook, par exemple, a implanté son principal Data Center Européen à Lulea, en Suède, près du cercle polaire ou le refroidissement des installations est quasi naturel. Google, de son côté, a misé sur une utilisation de l’Intelligence Artificielle pour optimiser l’utilisation des installations et faire chuter leur consommation de 40%. Enfin, Microsoft étudie la possibilité d’un Data Center immergés dans l’eau des océans, bénéficiant ainsi d’une source inépuisable de refroidissement sans pour autant nuire à la faune et de la flore sous-marine.

Le consommateur a donné le tempo concernant sa sensibilité aux questions écologiques et sociales. C’est aux entreprise de décider à quel rythme vont afficher leurs ambitions, leurs convictions éthiques et environnementales avec preuve à l’appui pour pouvoir rester compétitives tout en étant  » Green Friendly « .

 

[1] Selon une étude réalisée en 2010 par L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un e-mail consomme entre 0.3 et 4g de CO2 et jusqu’à 50g avec des pièces jointes volumineuses envoyé à plusieurs destinataires.

Par : Marouane MOUFAKKIR

Gestionnaire des flux monétaires chez le crédit agricole du Maroc