Apprenez à jouer pour forger une belle carrière !

Creuser un chemin de carrière n’est pas toujours chose aisée. Plusieurs paramètres entrent en lice : nos propres atouts, nos relations avec notre entourage professionnel notamment avec « les décideurs », la reconnaissance de nos réalisations au sein de notre milieu de travail, la présence d’une opportunité (réorganisation, remplacement d’un départ…), la culture de notre entreprise (méritocratie ou autre) …bref, tant d’éléments qui doivent s’interagir afin de nous aider à faire évoluer notre carrière.

Comment faire alors pour gérer cette complexité, prendre sa carrière en main et se donner « la chance » d’évoluer ?

A cette question, il n’y a pas « une seule bonne réponse » !

Il n’y a pas de « one best way » en matière de gestion de carrière !

En effet, dans la vie de tous les jours, il y a ceux qui cherchent des solutions dans le perfectionnement de leurs compétences pour qu’ils soient prêts « quand l’opportunité se présente » ! Il y a également ceux qui renforcent leurs networking interne ou externe pour favoriser une recommandation d’une personne influente. Et il y a « tout simplement » ceux qui prennent la décision de quitter le navire !

Tant de « stratégies » pour tant de contextes. En fait, il n’y a pas de « one best way » en matière de gestion de carrière. Alors pourquoi écrire ce post ?

Ce que je veux partager avec vous dans ce post, n’est pas « une stratégie d’acteur » selon les termes de Michel Crozier, mais plutôt une attitude à adopter, un « mindset » qui a prouvé son efficacité : le « mindset du joueur » !

De quoi parle-t-on ?

Jouer pour exceller !

Nous savons tous qu’un joueur, dans un jeu collectif, est quelqu’un qui cherche à gagner des points aux dépens de ses « adversaires » ou disons ses « concurrents », pas d’un seul coup, mais tout au long de la vie du jeu. Pour faire, il déploie des stratégies, prend des risques, et apprend de ses erreurs et de ses concurrents également !

Il est conscient que la défaite fait partie du jeu, il l’accepte donc comme une éventualité et vit avec. Il connait aussi qu’en matière de jeu, rien n’est définitif, ni réussite, ni échec. Il est donc prêt à changer ses stratégies pour rebondir d’une défaite ou saisir une opportunité.

Jouer pour se libérer

Mais la meilleure, c’est que le joueur s’amuse en jouant, voire il s’excite ! Il joue sérieusement mais sans prendre le jeu au sérieux, ce qui lui donne une force d’action inestimable. Il n’est pas entravé par son propre stress ou ses propres ressentiments, car, en fin de compte, il sait bien qu’il est en train de jouer !

Voulez-vous être le loup ou le renard ?

Pour illustrer mes propos, je vous raconte une « fable », pleine de sens, que j’ai lue dans l’ouvrage de Nicolas Caron et Frédéric Vendeuvre : « Le grand livre de la vente ». C’est une métaphore qui met en comparaison deux mindsets : « Le mindset de la victime », représenté par le loup, qui voit dans toute difficulté une menace réelle, culpabilise et se laisse paralyser par ses ressentiments. Et « le Mindest du joueur », représenté par le renard, qui s’excite face à la difficulté, y voit une opportunité et relève les défis avec bonne humeur :

« Il était une fois un loup et un renard. Le loup arrive devant la ferme du Père Gaston, un vieux paysan. Comme les mois précédents, il vient lui manger quelques poules. Mais Gaston en a assez de se faire voler régulièrement ses poules et il a donc construit un petit poulailler en bois pour protéger son bien.

« Fichtre ! » se lamente le loup, « il nous ennuie ce vieux Gaston, le voilà qui nous complique la vie maintenant. Comme si ce n’était pas déjà assez dur pour nous dans la forêt ». Et en maugréant et pestant, le loup se faufile par la fenêtre et arrive tout de même à avaler quelques poules.

Sur ce, arrive le renard qui découvre la même scène. « Tiens, pense-t-il, sacré Gaston, le pauvre essaie de protéger ses poules. Ça tombe bien, il fait un peu froid ce soir, je vais bien manger et ensuite je resterai à l’abri pour la nuit dans le poulailler, bien au chaud ». Ce qu’il fait sans plus attendre.

Évidemment le Père Gaston qui a perdu une dizaine de poules dans l’affaire est devenu fou furieux et un peu paranoïaque. Il décide d’entourer son poulailler d’un corridor de fil de fer barbelé. Cette fois-ci, se jure-t-il, c’est fini !

Lorsque le loup découvre le spectacle, il tombe presque en sanglots. « Mais pourquoi tant de haine, pense-t-il, pourquoi cet acharnement à nous rendre la vie si difficile ». Et péniblement, il commence à grimper par-dessus les fils de fer. Mais sa pensée est ailleurs. Bientôt un faux mouvement, puis un autre et le voilà pour finir blessé à mort, coincé dans les fils.

Sur ce, arrive le renard. « Oh Gaston ! Toujours plus fort. Moi j’adore les difficultés, d’ailleurs ça fait bien longtemps que je n’ai pas aiguisé mes ongles et fais un peu d’exercice ». « Allons-y », déclare-t-il avant d’escalader, d’une humeur joyeuse, le fil de fer. Sans s’en rendre compte, à la nuit tombée, il passe bientôt pardessus le loup. « Oh il est gentil ce Gaston quand même, il a même prévu une petite couverture pour que je ne me blesse pas… » ! »

Par : Rachid BELGHITI ALAOUI

 Consultant en management